ça va faire du bruit...

Publié le par Petit Tom

Voici des extraits d'un article intéressant du site Agoravox; mes commentaires en rouge :

Le président de la Cour des Comptes des Etats-Unis, David M. Walker, détailla à la fin de l’année 2004 la situation de l’endettement américain : « La dette fédérale brute - l’accumulation des déficits budgétaires annuels - s’élevait à environ 7 000 milliards de dollars en septembre dernier, ce qui représente 24 000 dollars [par américain].

[...]

Pourtant, les économistes américains font la sourde oreille, et les politiciens sont hermétiques à toute solution. Après tout, comme disait Dick Cheney : "Les déficits n’ont pas d’importance".

Pendant ce temps, le secteur privé accumule des dettes colossales. En 2005, les Américains dépensaient 20 dollars quand ils en gagnaient 19. Cette différence est reflétée dans les chiffres du déficit commercial, qui mesure la vitesse à laquelle les Américains courent à la ruine. Vitesse maximale à l’heure où nous écrivons : 58,3 milliards de dollars. C’était le chiffre pour janvier 2005, quand l’excédent des dépenses de la nation a été enregistré à un rythme de presque 2 milliards par jour. C’était la différence entre ce que les Américains ont vendu à l’étranger en janvier et ce qu’ils en ont acheté. Un chiffre négatif. Sur un tableau des comptes de la nation, ce chiffre serait en rouge. Ou entre parenthèses. Ou précédé du signe moins.

Si l’on répartissait cette somme entre toutes les familles du pays, on arriverait à 600 dollars pour chacune. Et comme cela ne représente qu’un mois de déficit commercial, il faudrait le multiplier par 12 pour mesurer l’ampleur des dégâts sur une base annuelle : 7 200 dollars par famille et par an. Comparée aux revenus annuels d’une famille moyenne, ce chiffre est tellement énorme que nous nous sommes demandé si nous n’avions pas fait une erreur de calcul. A l’échelle macro-économique, le trou correspondait à 6% du P.N.B.

A l’époque de l’étalon or, la nation bénéficiaire de l’échange accumulait ses excédents de devise étrangère, puis les présentait à la banque centrale de la nation déficitaire. L’or servait de référence ordinaire et de frein extraordinaire. C’était de l’argent réel. Quand une nation n’avait plus d’or, elle n’avait plus d’argent. Elle ne pouvait plus emprunter. Elle ne pouvait plus se permettre de déficits commerciaux ; car lorsqu’on lui présentait les devises étrangères, elle n’avait plus les moyens de compenser. Elle devait se déclarer en cessation de paiement, ce qui arrivait de temps en temps.

Mais voilà trente quatre ans que les Etats-Unis ne remboursent plus en or leurs obligations à l’étranger. Depuis cette époque, ils trouvent bien plus facile de proposer des bons du Trésor américain libellés en dollars. Fait remarquable, les étrangers les ont acceptés comme s’ils valaient de l’or. Plus remarquable encore, pendant presque tout ce temps, ces bons ne valaient pas seulement de l’or, ils valaient d’avantage. Le prix de l’or a chuté pendant les deux décennies qui ont suivi la première élection de Ronald Reagan à la présidence. A l’étranger, les banques centrales prenaient les bons du Trésor avec gratitude, et même avec l’impression d’avoir de la chance.

Les Etats-Unis ont simplement eu trop de chance. Ils ont pu dépenser sans jamais vraiment payer. Ils ont pu emprunter sans jamais vraiment rembourser. Ils ont pu s’enterrer dans un trou de dettes si profond qu’ils ne pourraient guère s’en extirper facilement.

[paragraphe sur comment les chinois soutiennent le dollar...]

Une génération entière d’Américains a été élevée dans l’idée qu’elle pouvait s’enrichir en dépensant. Snow, McTeer, Greenspan, Bernanke - ils y croient toujours. La dette n’est pas un problème, disent-ils. Dépensez, dépensez, dépensez.

La consommation américaine a provoqué un boom économique en Chine, où l’habitant moyen travaille dans un atelier qui l’exploite, vit dans un taudis, et épargne 25% de ce qu’il gagne. Les Américains s’étaient convaincus qu’il y avait un fond déloyal dans les pratiques commerciales des Chinois, que ceux-ci devaient voler des emplois par le biais de leurs manipulations de devises, au lieu d’exercer une concurrence franche et loyale.

Cependant, aux Etats-Unis, l’Américain moyen habite une maison au-dessus de ses moyens, conduit une voiture trop chère pour lui et attend la prochaine cargaison de Hong Kong pour se procurer les distractions dont il ne sait plus se passer. Il n’épargne pas un sou et croît que les Chinois lui prêteront toujours de l’argent aux même conditions.

Il paraît superflu de préciser que cette situation ne peut durer indéfiniment. Combien de temps encore, c’est impossible à dire. Mais qu’elle doive cesser un jour, c’est d’une parfaite clarté.

Nous sommes impatients de voir comment tout cela évoluera. Peut-être dans un an. Peut-être dans deux... cinq... dix ans. Nous voudrions connaître la date exacte à laquelle l’économie de crédit à la consommation impériale cessera d’avancer cahin-caha. Car un jour, elle devra trembler et basculer dans un râle. Tel est le sort de toute chose.

Texte dans son intégralité : Agoravox

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